mercredi 23 avril 2014

Miles Midnight et l'Ame dans le Bocal (Saison 1)

Episode 1 : Combat acharné contre un homme-bête !


Même les beaux quartiers ont leurs ruelles sombres. Des endroits crasseux où s'entassent des sacs poubelles éventrés par les rats, des cageots en bois à moitié pourris et des bennes à ordures rongées par la rouille. Il ne manquait plus qu'un panneau « Espace de passage à tabac » . Je me demande si les gens du type de mon agresseur ont un plan de la ville avec ces petites rues en évidence. Du genre « 3 étoiles pour un règlement de comptes entre gangs mafieux » ou « l'endroit idéal pour stranguler quelqu'un ». Faudra que je pense à lui demander... s'ils me restent des dents quand il aura fini.
Je déteste cette situation ! Vraiment ! Je n'ai rien contre un peu d'action de temps à autre et il y a eu bien des fois où je méritais de me faire éclater la tronche, mais ce type...
Essayez de rassembler tous les clichés et les stéréotypes de la catégorie « homme de main patibulaire qui parle avec ses poings » et vous obtenez l'image du gus qui vient de me balancer sur un tas de détritus (heureusement que ce tesson de bouteille a amorti ma chute) : les cheveux coupés en brosses comme les poils d'un sanglier, des lunettes de soleil à monture en écailles de serpent, un cou de taureau, des épaules de gorille, des bras velus comme ceux d'un ours et on va garder toutes les métaphores animales pour ce qui se situent au dessus de la ceinture. Sans doute un ancien flic viré des forces de l'ordre pour avoir fracassé les côtes d'un suspect, ou un ancien taulard qui a des problèmes de réinsertion... ou un ancien flic qui s'est retrouvé en taule pour avoir fracassé les côtes d'un suspect et qui a maintenant des problèmes de réinsertion.
Un vrai sadique en tous cas. Il me cogne depuis dix minutes et ne s'est pas arrêté une seule seconde pour voir ce qui faisait pleurer cette petite fille. Une petite fille ? Quelle petite fille ? On étais que tous les deux... Oh... J'ai compris... Autant pour ma virilité.
J'arrête immédiatement de pleurer. Ça semble calmer cette brute. Il me regarde avec un rictus qui dévoile sa dent en or (encore un cliché) et étire les cicatrices qui lui courent sur le côté du visage. Je suis persuadé qu'il se les ait faites lui-même pour avoir l'air encore plus méchant.
- Monsieur Midnight ?
Oui, c'est mon nom. J'y reviendrais plus tard. Je hoche la tête pour l'instant et c'est déjà assez difficile comme ça. Ou alors, je cligne des yeux, ce qui est tout aussi difficile dans les circonstances actuelles. Peu importe ce que je fais, ça devait pas être très poli car l'autre animal m'envoie un coup de tatane dans l'entrejambe. La petite fille ne pleure plus... elle hurle de douleur parce qu'on vient de lui taper dans les couilles.
- Vous avez compris le message ?
Oh super... Il y avait quelque chose à comprendre ? J'ai jamais été fort en devinette moi. Je rassemble toute la force et la lucidité qu'il me reste. Si je la joue finement, si je lui donne la bonne réponse, il va peut-être arrêter de me faire mal.
- Vieux... Je savais pas que c'était pas que c'était ta mère. Je l'ai même pas vue de face... J'te jure.
Je ne sais même pas avec quoi il m'a frappé cette fois ci. Une batte de base-ball sans doute... ou un tank... ou la Main de Dieu. La foudre s'est abattue sur mon crane. La ruelle s'est emplie de lumière. Le mec était encore là. Il essuyait du sang qu'il avait sur les mains. Je me demande d'où il vient.
- Ne vous approchez plus jamais de Monsieur Murrel ou de ses proches. Vous êtes prévenu !
J'aurais adoré lui répondre qu'on était dans un pays libre, que Murrel me devait dix mille dollars et que je n'avais pas peur de lui, mais ce type était vraiment trop têtu. Mieux valait s'évanouir.
 
 
Profitons de ce que je sois dans les pommes pour faire les présentations. Nom ? Miles Midnight... et oui, c'est un pseudonyme. Occupation ? Entrepreneur en occultisme. Vous savez comment les gens aimeraient bien régler le moindre petit problème d'un coup de baguette magique ? Et bien, la baguette magique, c'est moi ! La magie existe ! Plus personne ne fait voler de balais depuis des lustres mais les boules de cristal, les potions, les rituels et les danses à poil autour d'un chaudron ont toujours autant la côte. Bien entendu, son usage est soumis à tout un tas de règles mises au point par des autorités bien pensantes qui ont décrété qu'on ne pouvait pas faire n'importe quoi, mais moi je suis le mec qu'on vient voir quand on a envie de faire n'importe quoi. Ma motivation ? L'argent principalement. J'ai commencé cette histoire allongé dans un tas d'immondices... vous vous attendiez pas à ce que je sois une espèce de prince charmant quand même ? J'ai un don pour la magie et j'en fais profiter ceux qui peuvent se le payer, c'est tout. J'ai aussi le don de savoir me fourrer dans les emmerdes, et ça, ça n'a rien de magique.
Comment je suis arrivé là ? Un soir où il n'y avait rien à la télé, Papa et Maman Midnight décidèrent de... Oh ! Comment je suis arrivé sur ce tas d'immondices ? Là, ça va être un peu plus compliqué.

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